C'est en relisant le livre de Pierre-Albert Clément sur l'Histoire des Foires en Occitanie de l'Antiquité à l'an 2000 qu'apparaît aujourd'hui plus clairement une phrase jusque-là inaperçue : "Rostovtseff a retrouvé un décret du temps de Tibère où est mentionnée une foire (panégyris ) - c'est nous qui soulignons - où se rassemblent les étrangers (xenos) et les marchands de l'ensemble du monde civilisé."

PANEGYRIS=FOIRE, jamais vu jusqu'à maintenant  ! Et en faisant des recherches au fond très brève (merveille de Google et du site PERSEE), nous trouvons l'article de Christophe CHANDEZON "Foires et panégyries dans le monde grec classique et hellénistique".

Nous vous laissons le découvrir, avec les étapes sur les liens entre foires et culte, l'intervention des pouvoirs de la cité, la fiscalité avantageuse, les calendriers, l'attraction des marchands. Les Panégyries étaient avant tout des assemblées religieuses, mais elles avaient aussi une part commerciale. Il existe aussi le verbe PANEGYRISER pour "tenir une foire". Pas mal, non ? Et nous serons aujourd'hui au fond des PANEGYRISATEURS, plus envoutant qu' "Organisateurs", ne serait-ce que pour cette trace de sacré dont le goût aujourd'hui nous échappe. Il y a bien cet autre mot "agora" que nous connaissons mieux, qui désigne les "marchés" plus que les foires. Et du coup, nous nous souvenons de Socrate, de Diogène sur l'Agora, penser au milieu du marché, des foires. Mais pourquoi cela n'a-t-il plus lieu aujourd'hui sur les Foires ? Pourquoi cela se fait-il ailleurs ?

Références

CHANDEZON Christophe. Foires et panégyries dans le monde grec classique et hellénistique. In: Revue des Études Grecques, tome 113, Janvier-juin 2000. pp. 70-100;
doi : 10.3406/reg.2000.4396 http://www.persee.fr/doc/reg_0035-2039_2000_num_113_1_4396

Le résumé est le suivant (nous citons) : Quelques inscriptions et quelques sources littéraires font apparaître que, dès l'époque classique, les panégyries ne sont pas seulement le cadre d'activités religieuses mais aussi d'échanges commerciaux dont le seul but n'est pas toujours de fournir l'indispensable aux pèlerins. Cette partie de la panégyrie est désignée par le mot agora. La périodicité en fait de véritables foires. Les cités s'efforcent d'y assurer la police et nomment pour cela des magistrats comme les agoranomes. À la basse époque hellénistique, cette tâche est parfois déjà confiée à un panégyriarque. Ces échanges sont aussi l'occasion de prélever des taxes sur les échanges mais les inscriptions nous font plutôt connaître les cas où l'État organisateur (cité, koinon, monarchie) préfère y renoncer et octroyer l'ateleia à la panégyrie. Le type des échanges qui avait lieu dans les foires de panégyries est difficile à déterminer en raison du silence des sources. Il est question d'esclaves, de bétail et de biens de luxe. Le point commun semble être l'absence d'une circulation permanente de ces biens dans la zone où la foire exerce son influence. Les trapézitai étaient aussi attirés par les panégyries : ils y pratiquaient certainement le change et peut-être le crédit.

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