Que se passerait-il s'il n'y avait pas de salons physiques dans le monde ? On les créerait.

Réponse de start upper !

Pour les organisateurs de salons, c'est aussi une bonne nouvelle : ils ne sont pas tous seuls. Et souvent, les plus anciens se souviendront qu'ils sont partis d'une feuille blanche, 'from scratch', mais ils ne le disaient pas ainsi. Donc bon signe, ça continue, et sur les chapeaux de roue.

C'est vrai, les organisateurs de salons se sont de plus en plus intéressés aux start ups ces dernières années, mais la réciproque est vraie et mille fois plus forte. Pas de start up qui n'ait pas sa pratique intensive d'évènements et de salons, et pas seulement dans son localité, sa région, mais souvent avec vue large, la planète. Alors quand on interroge un start upper sur un monde sans salon, il répond bien du tac au tac que ce n'est pas possible et qu'il va s'y coller.

Les Start ups sont prêtes à devenir elles-mêmes organisatrices d’événements (quand elles ne le sont pas déjà). Les salons, les événements dans leurs multiples formes ne sont donc pas la propriété des professionnels de l’événement. D'une certaine manière, l'art (mais on a aussi le droit de dire les techniques et les technologies) d'organiser un évènement est "open source". Ce désir d’organisation se fonde sur une intégration forte des enjeux d’un écosystème ou d’une filière. Les starts ups sont ainsi des organisatrices impliquées dans la réalité de leur marché et dans les contenus. Organiser est une manière d’agir sur le cours des choses, de fabriquer leur démarche même de start up.

Et la base de cette démarche est principalement collective, à la fois initialement dans la culture même des start ups, mais aussi grandement cultivée dans la pratique même des salons (montage de stands collectifs, au-delà même des villages de start ups proposés par les organisateurs)

L’organisation peut commencer petit, et il faut que cela soit avec du contenu et de l’utilité pour l’écosystème. L’organisation est elle-même innovante, smart.

Il s’agit de créer des événements à ciblage très fin des interlocuteurs,

Il peut s’agir aussi de créer un événement hyperspécialisé dans une microniche et de construire son leadership.

Que se passerait-il s'il n'y avait pas de salons physiques dans le monde ? On les créerait.

L’ambition peut être grande, à l’échelle internationale, en impliquant les plus gros investisseurs et le plus haut niveau politique.

Le succès et la croissance ne sont jamais exclus.

La démarche peut aussi ressembler à celle d’un organisateur classique qui veut dupliquer un salon sur un autre territoire.

Le choix s’oriente vers une manifestation « verticale », sur une filière, un marché, pour privilégier le business (hormis la transversalité des événements dédiés aux start ups par nature multisectoriels).

Les événements que les start ups organisent ou envisagent d’organiser prennent alors des formes variables : conférences, keynotes (TEDx est une référence, même si elle vieillit), pitch de start ups, moment de networking, smart lunch, rallye d’entreprises, mais aussi forme classique de colloque ou congrès. La part d’exposition peut y exister, un projet de salon est possible, mais avec un mixte d’autres formats. N’oublions pas les grands événements à succès actuels tel que le SLUSH, le NORDIC BUSINESS FORUM, le WEB SUMMIT ou le SXSW, avec des compositions de conférences (avec une héroïsation de grands orateurs, les « Top speakers »), de festival culturel, de salon, de moments de networking.

Que se passerait-il s'il n'y avait pas de salons physiques dans le monde ? On les créerait.

Tout cela est croisé avec des dispositifs digitaux et l’implication des médias. Ce qui veut aussi dire qu'il s'agit bien de coupler les évènements physiques avec le digital, et non pas de créer uniquement des évènements digitaux. C'est bien la disparition de salons PHYSIQUES qui appellerait la CREATION de SALONS PHYSIQUES. La soif actuelle de duplication digitale (Covid oblige) s'étanchera bien in fine à la réalité physique.

 

Mais posons la même question aux professionnels des salons et des foires et la réponse sera la même : on les créerait ! Puisque les salons et les foires sont nécessaires. En revanche, il sera sans doute utile de se brancher assez vite sur les technologies du digital (encore bien plus que ce qui se fait aujourd'hui), pour que l'effort de création vienne bien de l'intérieur de la profession (sans jamais exclure les nouveaux entrants !) : elle en a tous les moyens et la culture. Dans notre monde de plateformes à tête de licorne, les salons et les foires ne sont-ils pas eux-aussi des plateformes, plus petites, mais comme les graines, résistantes, nomades, ancrées sur les territoires et les réseaux, croisements de routes de commerce et de connaissance. Et c'est peut-être une occasion de se coupler avec quelques start uppers amoureux de l'évènement (mais pas en leur demandant de tester gratuitement leur solution avant de leur acheter ou avant de construire un solide partenariat, d'égal à égal, de créateur à créateur). "Tope-là" disent les femmes et les hommes de foire.

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