Résumé de l'ensemble des discours énoncés

Résumé de l'ensemble des discours énoncés

Avant même d’être un contenant, le parc des expositions est un objet dans un territoire, une ville, une région, voire un pays. Il est un signe dans un « dehors » bien plus grand, qu’il doit ressaisir pour être un signe pour le « dehors » plus extérieur encore du monde. Le Parc des expositions peut faire partie des grands actes de langage des territoires. Il doit en exprimer la singularité. Il doit aussi en quelque sorte prouver son appartenance à ce territoire pour légitimer sa vocation expressive.

L’architecte Kuan Wang écrit à propos du projet d’Exhibition Center de Otog[1], ville chinoise de Mongolie : « We tried to find something from local geography, Mongolia culture and the totem to be merged into the design concept. For example, the facade facing the main city road is designed from the eagle which is the spirit totem here.” Le parc comme objet est une recherche d’”imitation” du territoire, en reprenant une part de culturel ou des échos à ces formes (par exemples : les grands espaces, le fleuve) ou matières (exemple : paysage minéral). La forme du MITEC en Malaisie est inspirée de la graine d’hévéa à la base de la tradition commercial du pays[2]. Celle du Nan’an Exhibition Center, en Chine, s’inspire des positions du Feng Shui[3]. Outre l’expression du territoire, certains architectes semblent aussi chercher à traduire une continuité avec le territoire, en s’éloignant de la notion de “parc” qui évoque un espace circonscrit, par exemple en évoquant l’idée d’une “place de rêve”[4] plutôt que d’un centre ou en se servant d’une continuité de végétation entre la toiture et le flanc d’une montagne[5].

Spiritualité du territoire et continuité

Prenons cela très au sérieux, à la fois la spiritualité recherchée du territoire et la continuité. Ces deux notions sont aussi à la base des manifestations et de leur évolution. Nous sommes bien conscients que le mot “spiritualité” peut paraître bien loin des affaires et de la frénésie des événements, l’enjeu est pourtant là et depuis le début de l’histoire des foires. Et si « la spiritualité » est là dans les intentions esthétiques de l’architecte, il est tout à fait imaginable qu’il puisse être dans les taches d’un organisateur de savoir cultiver cette “spiritualité” au sein de sa manifestation. Il existe bien “une religiosité” des communautés qui se réunissent dans les Foires, Salons et Congrès, les forces de ces derniers viennent en partie de là. Quant à la continuité, il est certain qu’il existe une acrobatie frontalière de l’activité des foires, salons et congrès, à la fois fermée à un public non sélectionné et ouvert au monde. La notion de continuité implique fondamentalement la notion d’intégration concrète du parc des expositions dans le système territorial, questionne la nature des parcs des expositions comme espace public. La compétitivité des parcs des expositions en dépend largement dans la mesure où d’autres lieux (malls commerciaux, les espaces de la ville eux-mêmes par exemple) peuvent concurrencer l’usage des parcs qui, sans continuité, se retrouvent abstraits, vides, sans lien (les parcs deviennent des boîtes). Nous ne sommes donc pas seulement dans la sphère évanescente de l’imagination artistique, mais dans des problèmes concrets d’usages et de compétitivité des lieux.

Icône marketing du territoire

En parallèle à ces dimensions presque métaphysiques des projets se tient très clairement un objectif de positionnement territorial et de marketing. Le parc a bien un rôle iconique, il s’agit bien de lutter dans un monde concurrentiel d’objets “parcs des expositions”. Il faut faire voir et attirer. L’innovation peut être de faire des parcs des expositions la base de positionnement territorial, le Musée Guggenheim le fait à Bilbao, la Cité du Design à Saint-Etienne. Mais comment tout cela se fait ? Comment le symbole intentionné par les commanditaires, recherché par les architectes prend réellement dans la réalité et contribue à l’identité à du territoire ? Ce champ-là d’innovation est encore largement à explorer, et bien au-delà du marketing. Comment la cristallisation s’opère-t-elle pour que, effectivement, un lieu devienne acte de langage du territoire. Comment “faire parler” les parcs des expositions ? Et cela est vrai du bâti comme de ce qui s’y passe et y habite.

Parc habité

Tout cela n’est absolument pas loin des pratiques au sein des professionnels de l’événement. Regardons simplement combien se développent des métiers liés à la découverte de nouveaux lieux pour donner une “âme nouvelle”, ou simplement “une âme” à la manifestation. Il s’agit bien fondamentalement d’”HABITER”. Une des très grandes questions de la profession de l’événement est celle de la création d’un HABITER, d’un être-là. Si des événements ne peuvent avoir lieu que dans des parcs des expositions en raison de leur taille et de leurs contraintes logistiques, il est certain qu’ils ne pourront pas réussir sans âme, aussi aérien que cela puisse paraître. La nature architecturale d’un parc des expositions contribue fondamentalement à la production de cet “Habiter”, et notamment grâce aux articulations symboliques avec le territoire et à la singularité exprimée au milieu de l’ensemble des autres icônes-parcs des expositions du monde.

 (extrait du Livre Blanc, Partie 5, NUNDINOGRAPHIE, RDI, III. B. PLAN INNOVATION QUATRE 2. Architecture 2. Les discours des architectes a. Axe territoire -)

 

[2] http://www.rspkl.com/home.php / “The brand new MITEC is the largest exhibition centre in Malaysia. It derives its unique shape from the rubber seed; a symbol of the Malaysia historical trade business.”

[5] http://www.aube-archi.com/en/projects/201407/content_533.html : « The surface is covered with vegetation walls like an artificial hill, becoming a part of the west side of Mountain View Park » à propos du Guiyang International Conference and Exhibition Center City Complex »

 

Tag(s) : #Architecture, urbanisme

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