Le moment de la recherche pourrait être celui du roman. L’alternative est possible, rien ne semble fonder le savoir, ni même ce qu’il y a à savoir. Les manifestations pourtant appellent, provoquent, laissent dans une drôle d’attente, les jours longs de son déroulé, où indéfectiblement elles ont lieu. Mettez quelques membres de l’équipe d’un parc dans les allées, laissez-les dans la marée bruyante des halls, ils savent, ils se parleront des heures durant, ils l’avaient dit, c’est évident, les idées font florès. Tout a toujours déjà été dit. Tout a toujours déjà été fait, tenté, expérimenté. Le monde est fini et pourtant il engouffre encore la moindre des patiences, il résonne encore, tout n’est pas plein, il y a du possible. Mais comment chercher, vers où s’orienter, autrement que se jeter dans la manifestation et la vivre ? Ecrire les foires, salons et congrès, écrire pour savoir ou pour construire un savoir est une gageure, une vanité certaine aussi. Une foire peut rire fort. Et le seul bruit des mains topées gifle les grands mots et les discours. L’Histoire peut encore se faire sa part, parce qu’elle vient après, avec ce qui est écrit, ce qui reste. Mais le réel de maintenant, les manifestations vivantes, c’est autre chose, il faudrait une science du vivant, des vivants, de ces ensembles de personnes, de personnages, de chairs, d’os, de mots, d’objets, de murs, d’espaces, de rythmes, de fêtes, de projections, de tablées et de vins, de micros et de cloisons, de projection, vidéo, pas vidéo, d’apparat, de grand, de petit, de couleur, d’odeurs, de bruits, de souvenirs, de rêves, etc…Donner des pistes de recherche sera pour nous de l’ordre d’un « senti », d’une attente vécue, d’un indéfini éprouvé, voire de chocs.

(extrait du Livre Blanc, Partie 5, NUNDINOGRAPHIE, RDI, II. TENTATIONS)

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